CP Fipec : Industrie française des peintures, des encres, des colles et adhésifs et des résines : face aux crises géopolitiques, la filière n’aura d’autre choix que s’adapter.

 Industrie française des peintures, des encres, des colles et adhésifs et des résines :

face aux crises géopolitiques, la filière n’aura d’autre choix que s’adapter.

La Fédération des Industries des peintures, colles, encres, couleurs pour l’art et résines (Fipec) présente les résultats économiques et sociaux de l’année 2025 de sa filière et dessine les perspectives pour 2026, lors de sa conférence de presse annuelle.

Paris, le 31 mars 2026 – La Fipec indique un chiffre d’affaires total de 4,93 milliards € en baisse de 2,4%. Ses près de 150 entreprises adhérentes emploient vingt-mille salariés sur tout le territoire et représentent 95% des industriels des peintures, colles, encres, couleurs pour l’art et résines présents en France.

Le marché total des peinture, lasures, enduits et vernis, décroit entre 2024 et 2025 de -1,8% en valeur à 2.816 M€ et, en volume, de -0,1% pour atteindre 1.019 Kt. Dans le détail, les performances diverses des secteurs aval pour l’anticorrosion – comprenant l’industrie navale – stabilisent les débouchés : +0% en valeur et -1,3% en volume ; l’automobile ayant connu une baisse des immatriculations de VL de 5,1% 1 malgré le redémarrage de la production française (8% en 2025 2). Le marché des produits pour le bâtiment poursuit sa baisse en valeur (-2,5%) tout en stabilisant en volume (+0%), après trois années de chute, grâce au redécollage, en 2025, de la production de logement neufs (11,2% 3) comme des transactions immobilières (11% 4). Par ailleurs, les ventes de peintures et vernis pour le grand public continuent de s’affaiblir en valeur (-0,9%) malgré une reprise des volumes de 3,1% reflétant des arbitrages sur les gammes de produits. « Face aux tensions déjà très fortes, les industriels doivent absorber un choc brutal ; la filière doit dès lors recréer le dialogue pour amortir les impacts. » déclare Philippe Gruat, Président de l’Association des Industries de Produits de Construction (AIMCC) venu apporter son analyse sectorielle.

Les colles, mastics et adhésifs subissent notamment les difficultés du marché de la rénovation comme de l’isolation par l’extérieur (ITE), après la réduction du dispositif MaPrimRénov’ et la hausse du coût des matières premières, diminuant de -3,3% en valeur à 1.805 M€ et de -2% en volume à 433 Kt..

Avec une perte de 1,8% en valeur à 137 M€ et un ralentissement de la chute en volume de -2,4% à 29,2 Kt., la branche des encres d’imprimeries (emballages, imprimés publicitaires et presse papier) demeure marquée par la chute des media papier et la réglementation environnementale imposant aux enseignes de la distribution la diminution des imprimés publicitaires (Loi Oui Pub).

Toujours en retrait après l’intérêt particulier des périodes de confinement, le marché des couleurs pour l’art, l’enseignement et les loisirs créatifs confirme son repli de -3,6% en valeur à 40 M€ et de -1,6% en volume à 8,6Kt., traduisant la baisse des dépenses de loisirs dans une conjoncture incertaine.

Le marché des résines est marqué par une tendance baissière en valeur (-2,3%) à 129 M€, mais haussière en volume (+2,4%) à 20,8 Kt..

Sur l’exercice, la balance commerciale poursuit son amélioration en valeur à 139 millions d’euros (vs. 60 millions d’euros en 2024) pour un solde positif en volume de 15.000 tonnes (vs. 36.000 tonnes en 2024). Déficitaire sur le marché intracommunautaire de -42 M€ pour -83 Kt., la balance est tirée par les échanges hors-UE, en excédent de 181 M€ pour 98 Kt..

Aux perspectives de croissance du PIB encore atones (1% prévu pour 2026 et 0,1% pour le premier trimestre, selon l’INSEE) viennent s’ajouter les conséquences, déjà appuyées, du conflit au Moyen-Orient. Les hausses des coûts de l’énergie se reflètent dans les tarifs des intrants petrosourcés (solvants ou liants) ou nécessitant des productions energo-intensives (certaines charges…) pour les industriels de la filière. Le blocage du détroit d’Ormuz, allonge, par ailleurs, les délais de livraisons et, donc, les coûts de transports. Si aucune
rupture n’est constatée à ce jour, elles pourraient se manifester rapidement, notamment pour les pigments.

Les adhérents de la Fipec excluent toute amélioration du climat économique pour 2026 et se déclarent particulièrement inquiets. La complexité des obligations réglementaires, notamment celles liées aux filières REP, s’ajoutent à l’explosion des coûts de production.

Pour Jacques Menicucci, Président de la Fipec, « notre industrie résiste face à la stagnation des marchés désormais établie ; après les crises multiples de ces dernières années, la situation géopolitique actuelle pourrait néanmoins avoir des effets nettement plus marqués pour nos industriels. ». Avec 8,5% des effectifs salariés du secteur de la chimie en France, en quasi-majorité, à durée indéterminée (97% en CDI contre 73% pour la moyenne nationale, tous secteurs confondus 5), « le secteur conserve un rôle incontournable pour assurer la souveraineté de produits et de solutions présents dans notre quotidien », ajoute M. Menicucci après avoir rappelé les efforts de la Fipec dans la promotion de ses métiers.

Au moment où les travaux de simplification européenne s’intensifient au niveau législatif, la Fipec encourage particulièrement les décideurs publics à poursuivre cette voie d’une élaboration réglementaire raisonnable et favorable à l’innovation et la R&D. « L’interdiction d’une substance utilisée dans la fabrication d’une peinture impose de mobiliser au moins un équivalent temps plein pendant un an pour redéfinir la formule, ce qui nous pénalise gravement face à la concurrence extra européenne et empêche toute R&D de progrès » rappelle
Guillaume Fremaux, Président du Sipev.

Retrouver le communiqué en PDF : https://fipec.org/wp-content/uploads/2026/04/260331-CP-Fipec-Resulats-economiques-25-Perspectives-2.pdf

Retrouver notre dossier de presse :  https://fipec.org/wp-content/uploads/2026/04/260331-PPT_Conference_presse_economique_FIPEC-VD.pdf  

1 PFA – https://pfa-auto.fr/2026/01/01/marche-automobile-francais-decembre-2025/
2 L’Usine Nouvelle – usinenouvelle.com/auto/constructeurs/la-production-automobile-francaise-a-rebondi-de-pres-de-8-en-2025-tous-les-chiffres-usine-parusine.
DFI7SXZFIFHANCXHF6L7Q43X7U.html
3 FFB – https://www.ffbatiment.fr/actualites-batiment/presse/conf-de-presse-mars2026
4 FNAIM – https://www.fnaim.fr/communiquepresse/1952/10-reprise-fragile-du-marche-immobilisme-politique-et-crise-de-l-offre-l-alerte-de-la-fnaim.htm

5 Unedic – https://www.unedic.org/publications/contrats-temporaires-ou-atypiques-focus-sur-7-pays-europeens

Contact presse
Pierre-Henri de Longcamp : ph.delongcamp@fipec.org / 06 83 52 53 50