CRISE AU MOYEN-ORIENT : La chimie de formulation sous pression, entre flambée des coûts et menaces sur les approvisionnements !

CRISE AU MOYEN-ORIENT : LA CHIMIE DE FORMULATION SOUS PRESSION, ENTRE FLAMBÉE DES COÛTS ET MENACES SUR LES APPROVISIONNEMENTS !

L’escalade militaire au Moyen-Orient et les perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz créent une forte tension sur les marchés de l’énergie et des matières premières. Pour la filière française de la chimie de formulation – et en particulier les secteurs des peintures, revêtements et encres – les conséquences sont immédiates et préoccupantes.

Une pression croissante sur les coûts et les approvisionnements

La hausse du prix du Brent (autour de 99 $/baril actuellement, et ayant atteint 103 $/baril dans la journée du 9 mars) entraîne une augmentation rapide du coût des solvants, liants et additifs issus de la pétrochimie, ainsi que des dépenses énergétiques (gaz, électricité) liées aux procédés de fabrication. Les tensions logistiques, accentuées par la hausse des primes d’assurance (« war risk ») et l’allongement des délais maritimes, perturbent déjà certains flux d’importation essentiels. Les opérateurs de fret maritime sont contraints d’utiliser de nouvelles routes, contournant le Golfe et la mer Rouge par le Cap de Bonne Espérance, ce qui ajoute environ 10 jours de délai. Par ailleurs, la fermeture de l’espace aérien et des hubs comme celui de Doha a fortement perturbé les flux aériens, impactant aussi bien les coûts que les délais.

Des risques économiques et industriels à moyen terme

Si les tensions devaient durer, la filière pourrait faire face à une hausse structurelle des coûts et à une disponibilité réduite de nombreux intrants chimiques, menaçant notamment la compétitivité des PME et ETI du secteur et pesant sur les marchés avals (Bâtiment, industrie automobile, industrie manufacturière).

Appel à une réponse coordonnée et durable

La FIPEC soutient pleinement l’action de suivi menée par France Industrie et le MEDEF, aux côtés des pouvoirs publics. Elle appelle notamment à :

Un suivi stratégique renforcé du risque énergétique et logistique, partagé entre acteurs publics et industriels (risque de chaîne) ;
Une coordination européenne sur les approvisionnements critiques et la gestion des stocks stratégiques ;
Une accélération de la transition vers des matières premières biosourcées et locales pour réduire la dépendance géopolitique.

Cette situation souligne la vulnérabilité énergétique et logistique de la chimie de formulation française et européenne, et confirme la nécessité d’une politique industrielle cohérente et résiliente à l’échelle de l’Europe, notamment à travers le renforcement de la souveraineté économique de l’Union européenne.

Les entreprises sont invitées à s’adresser directement à la cellule de crise de la DG Trésor (contact générique à la disposition de tous : crise-moyen-orient@dgtresor.gouv.fr).

Contact presse
Pierre-Henri de Longcamp : ph.delongcamp@fipec.org / 06 83 52 53 50