Industrie française des peintures, des encres, des colles et adhésifs et des résines
Dans un contexte de repli général, les acteurs de la filière font part de leur inquiétude pour les mois à venir.
La Fédération des Industries des peintures, colles, encres, couleurs pour l’art et résines (Fipec) présente les résultats économiques et sociaux de l’année 2024 de sa filière et dessine les perspectives pour 2025, lors de sa conférence de presse annuelle.
Paris, le 20 mars 2025 – La Fipec indique un chiffre d’affaires total de 5 milliards € en baisse de 4%. Ses 150 entreprises adhérentes emploient vingt-mille salariés sur tout le territoire et représentent 95% des industriels des peintures, colles, encres, couleurs pour l’art et résines présents en France.
Le marché total des peinture, lasures, enduits et vernis, décroit entre 2023 et 2024 de -4,7% en valeur à 2.868 M€ et, en volume, de -3,2% pour atteindre 1.020 Kt. Dans le détail, la baisse des secteurs anticorrosion – comprenant l’industrie navale – (-4,5% en valeur), aéronautique et automobile (chute des immatriculations de VL de 22% (1) et production automobile française au plus bas depuis 60 ans (2) demeure inférieure à celle des produits pour le bâtiment (-5,9% en valeur) engendrée par les diminutions du volume de constructions neuves (-12,7% (3) ) comme des transactions immobilières (-11% (4) ) et la stagnation des activités professionnelles d’amélioration/entretien (+0,7% (3)). Par ailleurs, la poursuite de la récession des ventes de peintures et vernis pour le grand public (-1,3%) reflète l’inquiétude des ménages préférant rester prudents avec leurs dépenses et procéder aussi à d’autres arbitrages.
Les colles, mastics et adhésifs subissent également les conséquences de la conjoncture immobilière et la hausse du coût des matières premières, diminuant de -3,2% en valeur comme en volume à 1.867 M€ et 442 Kt.
Avec une perte de 5,1% en valeur à 139 M€ et un ralentissement de la chute en volume de -1,6% à 30 Kt., la branche des encres d’imprimeries (emballages, imprimés publicitaires et presse papier) demeure marquée par la chute des media papier (-1,6% par rapport à 2023 (5) ) et la réglementation environnementale imposant aux enseignes de la distribution la diminution des imprimés publicitaires (Loi Oui Pub).
Après un attrait marqué pendant les périodes des confinements, le marché des couleurs pour l’art, l’enseignement et les loisirs créatifs est en repli de -2,9% en valeur à 41 M€ et de -3,3% en volume à 8,7Kt., traduisant la baisse des dépenses de loisirs dans une conjoncture incertaine.
Le marché des résines est marqué par une tendance haussière de 3,3% en valeur et en volume à 120 M€ et 18,4 Kt.
Sur l’exercice, le commerce extérieur se redresse en valeur à 60 millions d’euros pour un solde positif en volume de 36.000 tonnes (contre -87 M€ et – 7.000 tonnes, l’année passée). Déficitaire sur le marché intracommunautaire de 83 M€ pour 63 Kt., la balance est tirée par les échanges hors-UE, en excédent de 143 M€ pour 99 Kt.
Face à des perspectives de croissance du PIB encore atones (0,9 % pour 2025 et 0,1% pour le premier trimestre, selon l’INSEE) et une confiance des ménages toujours en berne, les adhérents de la Fipec excluent toute amélioration du climat économique pour 2025 et se déclarent particulièrement inquiets. Les positions prises par les pouvoirs publics français ou européens continuent à pénaliser la compétitivité de nos entreprises que ce soit avec leur position favorisant les droits anti-dumping sur les intrants critiques (dioxyde de titane, résines époxy…) ou bien encore la complexité des obligations liées aux filières REP, le tout menant à une explosion des coûts de production.
Pour Jacques Menicucci, Président de la Fipec, « les perspectives moins favorables attendues pour 2024 se sont confirmées et l’année 2025 s’annonce tout aussi difficile. Malgré notre résilience et notre esprit de filière, notre industrie craint aujourd’hui pour sa pérennité. » Avec 8,7% des effectifs salariés du secteur de la chimie en France, en quasi-majorité, à durée indéterminée (94% en CDI contre 74% pour la moyenne nationale, tous secteurs confondus), « le secteur conserve, malgré cette conjoncture défavorable, un rôle incontournable pour assurer la souveraineté de produits et de solutions présents dans notre quotidien », ajoute M. Menicucci après avoir rappelé les efforts de la Fipec dans la promotion de ses métiers.
Au moment où la volonté gouvernementale et les travaux parlementaires de simplification font écho à la proposition d’omnibus de l’exécutif européen, la Fipec encourage particulièrement les décideurs publics à poursuivre cette voie d’une élaboration réglementaire raisonnable et favorable à l’innovation et la R&D. « L’interdiction d’une substance utilisée dans la fabrication d’une peinture impose de mobiliser au moins un équivalent temps plein pendant un an pour redéfinir la formule, ce qui nous pénalise gravement face à la concurrence extra européenne et empêche toute R&D de progrès » rappelle Guillaume Fremaux, Président du Sipev.
[1] PFA – https://pfa-auto.fr/2025/01/01/marche-automobile-francais-decembre-2024/
[1] Les Echos – www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/automobile-la-production-francaise-au-plus-bas-depuis-les-annees-1960-2154675
[1] FFB – www.ffbatiment.fr/actualites-batiment/presse/conf-de-presse-mars-2025-1
[1] ACPM – Diffusions totale en France à périmètre constant www.acpm.fr/Actualites/Les-publications/Communiques-de-la-Diffusion/Diffusion-et-Frequentation-de-la-Presse-DSH-OJD-2024#:~:text=La%20Presse%20fran%C3%A7aise%20a%20diffus%C3%A9,formes%20(papier%20ou%20num%C3%A9rique). https://www.acpm.fr/Actualites/Toute-l-actualite/Actualites-generales/Diffusion-et-Frequentation-de-la-Presse-DSH-2023
Téléchargez le communiqué de presse et la présentation en PDF.
Contact presse Pierre-Henri de Longcamp : ph.delongcamp[a]fipec.org